L'huile d'olive éclaire
la Tunisie depuis Carthage

Etudes

Tunisie la verte

Tunisie la verte

  

Naceur BAKLOUTI 

Ethnologue

 

Mystérieuse Tunisie, ce doux pays bercé par la mer dont les flots, alanguis par les hauts fonds, viennent s’estomper sur ses interminables plages. Un voyageur du début du siècle dernier, émerveillé, en dit : «Tunis, Tunisie, quels jolis noms mélodieux et presque aussi mystérieusement enchanteurs que la fabuleuse Thulé»

L’histoire de la Tunisie, truffée de légendes, mêle sans embarras, fiction et réalité, à commencer par la mythique épopée de la reine Elyssa-Didon, fille du roi de Tyr, qui, fuyant les intentions belliqueuses de son frère Pygmalion, débarqua sur le sol africain et n’en sollicita que ce que peut circonscrire une peau de bœuf. Cette Tunisie, n’est-elle pas aussi la terre des Lotophages qui, déroutés par le chant envoutant des sirènes, voient leur embarcation s’échouer sur les rivages de Djerba la douce, dans le golfe de la Petite Syrte ! Bien plus tard, une autre femme aussi énigmatique, défia avec un courage inénarrable les armées d’Hassan Ibn-Naman conquérant arabe de l’Ifriqiya, et finit par céder semble-t-il, au charme viril d’un beau guerrier musulman peut-être perse ou même byzantin converti. Ainsi va la légende.

De part sa position géographique, au cœur de la Méditerranée, la Tunisie était destinée à connaître l’épanouissement sur son sol, des civilisations les plus brillantes, mais cette ouverture à la mer sur près de 1300 km de côtes lui a valu de vivre les avatars de cette histoire.

Les historiens affirment que la présence de l’homme sur le territoire tunisien remonte à la nuit des temps, aux époques les plus lointaines, plus précisément au premier âge de la pierre taillée, dit paléolithique inférieur. Plus tard, une nouvelle civilisation va fleurir dans la région de Gafsa, ville appelée jadis Capsa et qui va donner son nom à une civilisation marquée par la présence sur les sites découverts, de nombreuses escargotières, appelées rammadiat. Amas de cendre, de sable, de cailloux et de coquilles calcinées, elles constituent les habitats de nos ancêtres les Capsiens, friands d’escargots. A partir du VIIIe millénaire avant J-C, cette brillante civilisation, empreinte pour ainsi dire d’un un art de vivre, va rayonner sur le Maghreb. Suivit une non moins longue nouvelle ère, celle de la pierre polie (le néolithique), au cours de laquelle l’homme découvrit laborieusement l’agriculture et, de prédateur, il devint producteur. C’est cette ère qui vit les premiers balbutiements de l’art céramique.

escargotières, appelées rammadiat. Amas de cendre, de sable, de cailloux et de coquilles calcinées, elles constituent les habitats de nos ancêtres les Capsiens, friands d’escargots. A partir du VIIIe millénaire avant J-C, cette brillante civilisation, empreinte pour ainsi dire d’un un art de vivre, va rayonner sur le Maghreb. Suivit une non moins longue nouvelle ère, celle de la pierre polie (le néolithique), au cours de laquelle l’homme découvrit laborieusement l’agriculture et, de prédateur, il devint producteur. C’est cette ère qui vit les premiers balbutiements de l’art céramique.

Quand, vers le début du IXe avant J-C, la princesse phénicienne Elyssa-Didon foula pour la première fois le sol tunisien, avec une inébranlable intention de s’y installer, elle ne se doutait pas qu’elle allait inaugurer une ère nouvelle pour ce pays si généreux. Elle dut pour cela, négocier avec les Libyques, ancêtres des Amazighs, qui vivaient sur la côte et qui, ouverts et accueillants de nature, lui concédèrent un territoire pour qu’elle y fondât Qart Hadast (la nouvelle ville) : Carthage.

A cette époque, nous devons un riche patrimoine monumental dont le plus prestigieux est sans doute l’amphithéâtre d’El-Jem qui érige avec fierté sa façade ellipsoïdale, percée sur trois niveaux d’une série d’arcades, et qui enveloppe ses immenses gradins et sa vaste arène. L’artisanat de la mosaïque, pavement préféré, connut à cette époque un essor fulgurant, une véritable école artistique en est née. En plus des mosaïques conservées in-situ, les musées tunisiens en recèlent une inégalable collection. De son côté, la production céramique évolua pour atteindre son apogée aux second et troisième siècles, satisfaisant les besoins locaux et ceux de l’exportation, notamment en objets de luxe.

On peut sans hésitation, parler non pas d’occupation romaine, mais de romanisation, une romanisation culturelle, urbaine et économique greffée sur un substrat autochtone, né de la rencontre, dans la Tunisie punique, de ces Phéniciens venus d’Orient et nos ancêtres libyques. Loin de signifier une rupture radicale, la présence romaine s’inscrit dans une continuité civilisationnelle combien féconde.

L’époque romaine fut pour la Tunisie, celle du faste et de l’épanouissement culturel et économique. Les lois promulguées par Rome avaient permis l’appropriation des terres et favorisé les petites et moyennes exploitations. Les techniques agraires s’étaient améliorées, la production s’était accrue, l’économie, fondée sur le commerce et l’agriculture avait prospérée. N’appelait-on pas l’Africa « le grenier de Rome » !

Outre les céréales, l’Africa proconsulaire, ainsi appelait-on la Tunisie, exportait de l’huile, du vin, de la céramique et bien d’autres produits.

Des travaux d’hydraulique, d’infrastructure et d’urbanisme sont entrepris aussi bien sur le littoral qu’à l’intérieur. Le sol de la Tunisie porte encore les traces indélébiles de cet effort prodigieux. Des villes sont fondées comme la Carthage romaine, Dougga, Thaenae, Sufetela, Thysdrus (El-Jem)  et bien d’autres.

A cette époque, nous devons un riche patrimoine monumental dont le plus prestigieux est sans doute l’amphithéâtre d’El-Jem qui érige avec fierté sa façade ellipsoïdale, percée sur trois niveaux d’une série d’arcades, et qui enveloppe ses immenses gradins et sa vaste arène. L’artisanat de la mosaïque, pavement préféré, connut à cette époque un essor fulgurant, une véritable école artistique en est née. En plus des mosaïques conservées in-situ, les musées tunisiens en recèlent une inégalable collection. De son côté, la production céramique évolua pour atteindre son apogée aux second et troisième siècles, satisfaisant les besoins locaux et ceux de l’exportation, notamment en objets de luxe.

On peut sans hésitation, parler non pas d’occupation romaine, mais de romanisation, une romanisation culturelle, urbaine et économique greffée sur un substrat autochtone, né de la rencontre, dans la Tunisie punique, de ces Phéniciens venus d’Orient et nos ancêtres libyques. Loin de signifier une rupture radicale, la présence romaine s’inscrit dans une continuité civilisationnelle combien féconde.

 

Après l’éphémère épisode de l’occupation vandale qui ne dura qu’une centaine d’années, quoique suffisantes pour dévaster le pays, les Byzantins, venus encore d’Orient, essayèrent de restaurer paix et stabilité, mais ils ne purent résister aux assauts des combattants musulmans. Trois campagnes furent nécessaires pour battre l’armée du patrice Grégoire et réduire, après une farouche résistance des Berbères amazighs conduits par Kassila puis par la Kahéna, l’Africa proconsulaire, baptisée désormais Ifriqiya.  

Certes, les premiers combattants d’avant-garde furent stupéfaits par l’étonnante verdure de ces contrées qui s’offraient à eux comme une succession de villes et de villages et une suite d’ombrages et de bosquets. Mais, les conquérants musulmans voudront marquer ce pays de leur empreinte indélébile.

La conquête achevée, les Musulmans entreprirent d’organiser le pays et de poser les jalons d’un nouvel ordre et d’initier les prémices d’une prometteuse civilisation. Le conquérant arabe Oqba, en fondant Kairouan, aurait lancé cette invocation : «Ô mon Dieu, remplis cette ville de science et de connaissance de Ta foi».

La fondation de Kairouan avec sa prestigieuse grande mosquée, considérée comme le fleuron de l’architecture ifriqiyenne, aussi austère que majestueuse, entraina dans son sillage l’érection d’autres villes : Tunis, Sousse, Sfax… Très vite, Kairouan devint, notamment sous les Aghlabides au IXe siècle, une métropole religieuse, économique et culturelle, rayonnant par ses savants et ses juristes sur tout le Maghreb, diffusant les lumières de l’islam, alors que les remparts de Sfax  continuent de déployer leur austère majesté.

Arabes et Amazighs ont fini par édifier une jeune nation et un pays développé, si bien qu’à la faveur du brassage de tous les éléments ethniques, une brillante civilisation d’expression arabe et d’inspiration musulmane s’y était épanouie.

Les Fatimides succédèrent aux Aghlabides dès le début du Xe siècle, mais ces chiites invétérés considéraient l’Ifriqiya comme une étape dans leur quête du pouvoir califal en Orient. Mahdia, la capitale qu’ils avaient fondée et qui avait éclipsé Kairouan, fut confiée à une dynastie de souche : les Zirides Sanhaja, leurs vassaux. Entre les VIIIe et XIe siècles, L’Ifriqiya, avec son réseau de villes, développa une économie urbaine fondée sur la circulation monétaire, l’agriculture et le commerce extérieur.

 

Mais, vers le milieu du XIe siècle, Le pays va sombrer dans le désordre et l’anarchie aussi bien politique qu’économique, suite aux invasions des nomades Béni Hilal et Béni Soleïm. Les historiens, peut-être exagèrent-ils, parlent de déferlement de hordes de bédouins qui ne vivaient que grâce à de maigres activités pastorales. Toujours est-il que le pouvoir central se désagrégea à tel point qu’on assistât à l’émergence de plusieurs cités-états, à Tunis, Sfax, Gabès, Gafsa… Il faut attendre l’intervention des Almohades venus du Sahara Occidental pour voir l’unité du pays restaurée et la reprise entamée.

Du XIIIe au XVIe siècles, les Hafsides, d’authentiques amazighs masmoudiens, ont réorganisé le pays et développé son économie, faisant de Tunis leur capitale. Cette grande ville conserve encore, dans sa médina, leur empreinte, notamment aux plans de l’architecture, de l’urbanisme et de l’organisation soukière, une organisation fondée sur un système corporatif spécifique et sur la spécialisation spacio-fonctionnelle.

Longtemps éclipsée par Carthage puis par Kairouan et Mahdia, Tunis, cette immense métropole tentaculaire concentre les fonctions politique, administrative, économique et culturelle. Cette grande cité dont la médina

 

garde encore un dynamisme socioéconomique notoire, est un livre ouvert sur les architectures arabo-musulmanes, celles de l’époque coloniale, et celles d’aujourd’hui, modernes et parfois futuristes. Mais celui qui visite sa médina se trouve envouté par le charme indicible de ses rues et ruelles résidentielles ou commerçantes parfois droites et parfois tortueuses, par la magie qui émane des façades monumentales de ses palais et demeures aussi prestigieux l’un que l’autre, qui dissimulent les splendeurs des cours intérieures rehaussées de galeries supportées par des colonnes finement taillées dans le marbre ou le calcaire et aux murs lambrissés de carreaux de faïence. Berbères de souche, aussi bien les Zirides que les Hafsides furent, dit Mohamed Talbi, « les meilleurs défenseurs, non seulement de l’islam, mais aussi de la langue et de la culture arabes dans leurs formes les plus pures ».

 

La dynastie hafside succomba au XVIe siècle, victime des rivalités intestinales qui opposaient les princes héritiers et des convoitises des deux grandes puissances méditerranéennes : l’Espagne de Charles Quint et l’Empire Ottoman. Après une relative courte occupation espagnole, la Tunisie intégra le giron ottoman pour une longue période au cours de laquelle, la dynastie husseinite régna jusqu’à la l’instauration de la république.  En dépit des troubles qui l’ont ponctuée, cette période fut marquée par de grands efforts d’édification monumentale et d’organisation administrative, mais une mauvaise gestion financière aboutit à la colonisation du pays par la France. Après une lutte farouche et moult tergiversations, la Tunisie finit par reconquérir son indépendance pour s’engager avec détermination, dans la voie de la modernité.

Malgré les vicissitudes de l’histoire et les grands bouleversements qu’elle a vécus, la Tunisie a su pérenniser son unité profonde et conserver une identité culturelle inscrite dans le cadre géographique et naturel qui est le sien.

La Tunisie, ce petit pays qui ne fait que le quart de la France (163. 610 km2), bénéficie d’un climat tempéré si bien qu’on a l’impression d’y vivre un éternel printemps. Son relief est sobrement contrasté et d’une étonnante diversité de paysages. Tous ces facteurs, conjugués à la stratification de son histoire, l’ont prédisposée à une lucrative activité touristique.

Plusieurs ensembles géographiques font l’originalité de ce pays. Une région montagneuse assez découpée au nord (Mogods et Kroumirie), mais aux modestes reliefs, domine la mer ainsi que les bassins et dépressions de l’oued Medjerda. De la Medjerda alimentée par de nombreux affluents, notamment les oueds Mellègue et Zarga à la Dorsale, s’étend le Haut Tell où, à la vallée succède une zone de collines irrégulières. Là, la ville du Kef hisse son imprenable casbah. La chaîne de la Dorsale prend la Tunisie en écharpe et s’étend du sud-ouest, dans la région de Kasserine l’antique Cilium, au nord-est dans le Cap Bon, pour voir l’écume des vagues se briser aux  pieds de Ras Adar. Dans cette presqu’île, pays des agrumes, trônent deux villes : Nabeul, foyer de la  céramique et Hammamet, joyau du tourisme balnéaire en Méditerranée.

 

 

Sur le versant sud-est de la Dorsale, le Sahel, région fortement urbanisée, déploie ses collines et plaines plantées d’oliviers. Métropole régionale avec Monastir, célèbre par son ribat, le premier construit en Ifriqiya, et Mahdia, l’ancienne capitale des Fatimides qui a enchanté par son cimetière marin plus d’un poète et artiste, la ville de Sousse conserve jalousement sa médina où son ribat et sa grande mosquée excentrée, manifestent la sobriété de l’architecture locale, et propose au visiteur la séduisante scénographie renouvelée de son musée, installé sur les hauteurs de sa casbah. Le Sahel est prolongé à l’est par les basses steppes, pays de l’alfa,  au sud par la région sfaxienne à l’immense forêt d’oliviers puis par le pays des oasis et du Sahara.

Sur le littoral, la plaine de l’Arad étale, autour de Gabès, l’antique Tacapes, ses oasis maritimes où l’on s’adonne à des cultures irriguées étagées où le henné est roi. A quelques kilomètres, au sud-ouest de cette ville, la chaîne des Matmata enserre la plaine de la Djeffara, et se prolonge par le Djebel Demmer jusqu’en Libye. Auparavant et à ce niveau, la mythique île de Djerba se détache du continent : il s’agit aujourd’hui d’un important pôle de tourisme balnéaire.

Dans les massifs argilo-sableux, les Matmatis ont creusé leurs habitations troglodytiques en profondeur et ont su en cultiver les vallées encaissées. Plus au sud, les villages, profitant d’un relief plus escarpé,  s’incrustent dans les pitons rocheux ; c’est le cas de Chenini, de Douiret, et de Matous plus au sud. Là, dans les couches tendres des falaises, les habitations sont excavées selon un plan en enfilade. Nous sommes en plein dans le pays des ksour. Le ksar est un grenier collectif fortifié, composé d’un ensemble de cellules appelées ghorfa où nomades et paysans engrangent  leurs récoltes. Le plus ancien, le Ksar Zenâta dit aussi Ksar Maztouria date du XIe siècle.

Enclavées entre le plateau du Dahar, flan ouest de la montagne, et le Chott EL-Djérid, s‘étendent les palmeraies du Nefzaoua, productrices des fameuses dattes deglet-nour. L’actuelle Kébili, chef-lieu de la région, a pris la relève de l’ancienne cité du même nom (Gbelli el-gdima), construite à l’intérieur de l’oasis. Dans cette région, la petite ville de Douz, véritable porte du désert, est devenue célèbre par son Festival du Sahara. Au-delà du chott, c’est le Djérid avec son chef-lieu Tozeur, ville de tourisme oasien et saharien, remarquable par son architecture traditionnelle de briques. Là, l’oasis est plus luxuriante et l’eau, répartie selon un ingénieux système d’irrigation hérité d’Ibn Shabbat (XIVe sècle), est plus abondante. Un peu plus au nord, au-delà des chotts, nous sommes dans le bassin minier de Gafsa, prestigieuse ville qui a donné son nom à toute une ère de la préhistoire maghrébine : le capsien.   

Située au centre-est de la Tunisie, sur un littoral de plus de 230 km, la région sfaxienne, pays de l’olivier, dont le sol est favorable aux cultures en sec, notamment celles de l’olivier et de l’amandier, offre à contempler, à perte de vue, le déferlement harmonieux de ses oliviers plantés en lignes droites d’une parfaite rigueur.

Côté mer, au large de la rade sfaxienne, les Iles Kerkennah constituent en quelque sorte un raccourci des civilisations de la Méditerranée. Les sources latines rapportent qu’à l’issue de la seconde guerre punique, en 2002 av. J.C., le général carthaginois Hannibal y fit halte avant de s’exiler en Orient.

Aujourd’hui, cet archipel dévoile au regard des visiteurs, alors qu’ils sont encore à bord du ferry qui le relie au continent, dès qu’on s’y approche, l’impressionnante image de ses pêcheries fixes (charfiya), en haies de palmes qui capturent un poisson (le spars) si prisé par les Sfaxiens.

Située à une dizaine de km au sud de Sfax, sur la route de Gabès, la cité antique de Thaenae connut un grand essor économique et urbain qui a atteint son apogée au milieu du IIIe siècle. Mais, à partir du VIIe siècle, à la faveur de la conquête musulmane, cette ville fut progressivement abandonnée à l’avantage de la nouvelle cité, fondée au milieu du IXe siècle : Safāqis (Sfax). C’est probablement à ses remparts, les mieux conservés dans le monde arabo-berbère, que Sfax doit son nom. Son toponyme dérive semble-t-il d’une racine trilittère berbère, SFK, qui signifie protéger, entourer d’une enceinte. Sfax aurait été pour ses habitants  la cité aux remparts. Contemporaine de ces inexpugnables fortifications, la grande mosquée affiche l’élégante austérité de l’architecture ifriqiyenne et hisse l’harmonieux agencement de l’appareil de son minaret.

 

Caractérisé par la régularité et la centralité de son tissu urbain, la médina de Sfax est un haut lieu de l’architecture : architecture des monuments historiques au charme discret, architecture d’habitat qui relève du conte merveilleux. Cette architecture dense de ses qualités, est souvent menacée par les processus de transformations induits par les mutations fonctionnelles. En dépit de cela, la médina conserve sa valeur de référence ; si l’équilibre traditionnel est rompu, un autre prend la relève, qui tient compte de l’urbanisation de l’ensemble de la ville. C’est cela la médina de Sfax : un noyau historique, mais sans cesse mis à jour.

D’abord par la proximité  du quartier colonial (Bab-Bhar) où prévaut le style architectural arabisant, puis par celle des faubourgs et des banlieues résidentielles. Depuis peu, l’urbanisation gagna l’ancienne zone des cimetières : le Nouveau Sfax, remarquable par la diversité de ses architectures qui se veulent modernistes.

 

Sfax présente aujourd’hui l’image d’une métropole dont on dirait qu’une araignée en a laborieusement tissé la trame. C’est une ville en pleine effervescence, exubérante, qui exhibe non sans ostentation la splendeur de sa vitalité, une ville au passé prestigieux, mais toujours vécu au présent, donnant à voir les signes patents de son histoire sédimentée et l’opulence d’un terroir longuement modelé par l’action de l’homme.

 

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